Privacy for Kids : le CEPD réunit les ressources des autorités européennes sur la vie privée des enfants

· Par Edouard Schlumberger
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Le 4 novembre 2026, le Comité européen de la protection des données (CEPD) a lancé Privacy for Kids, une plateforme qui rassemble les ressources pédagogiques des autorités de protection des données européennes sur la vie privée des enfants. La CNIL y participe. Pour un DPO, c'est une base documentaire prête à l'emploi, utile autant pour sensibiliser les collaborateurs parents que pour les équipes qui conçoivent des services utilisés par des mineurs.

Ce que le CEPD a lancé

Privacy for Kids est présentée par le CEPD comme un espace de ressources destiné aux parents, aux enseignants et aux éducateurs. Elle rassemble des supports conçus par les autorités de protection des données de toute l'Europe, dans différentes langues, autour d'une mascotte, Eddy le castor, avec un système de filtres.

  • Tranches d'âge : 3-10 ans, 11-15 ans et 16 ans et plus.
  • Couverture géographique : les 27 États membres de l'UE, plus l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège.
  • Thèmes : partage en ligne, réseaux sociaux, smartphones et applications, vie privée à la maison et à l'école, cyberharcèlement, jouets connectés, droits en ligne.
  • Formats : vidéos, quiz, jeux, infographies, campagnes d'information, bandes dessinées, podcasts.

Parmi les ressources mises en avant figurent deux productions françaises, le tome 2 du manga L'Agence Privacy (deepfakes et arnaques en ligne), que la CNIL avait publié le 10 septembre 2026, et FantomApp, destinée aux adolescents sur les réseaux sociaux. La CNIL renvoie aussi vers des sélections en français pour les 8-10 ans, les 11-15 ans et les enseignants.

Pourquoi c'est important

Le CEPD justifie l'initiative par un constat simple : les enfants repèrent moins bien les risques, font plus facilement confiance à des inconnus et partagent leurs données sans mesurer les conséquences, alors que de nombreuses applications collectent leurs données. Le RGPD en tire déjà plusieurs règles. Le considérant 38 pose que les enfants méritent une protection spécifique de leurs données. L'article 8 du RGPD encadre le consentement d'un mineur aux services de la société de l'information : 16 ans par défaut, abaissable par chaque État membre jusqu'à 13 ans, et fixé à 15 ans en France par l'article 45 de la loi Informatique et Libertés. L'article 12 exige une information concise, compréhensible et formulée en termes clairs et simples, en particulier lorsqu'elle s'adresse spécifiquement à un enfant.

La plateforme s'inscrit dans une séquence européenne dense sur les mineurs en ligne, après les principes communs du G7 des autorités de protection des données sur la vérification d'âge et les objets connectés. Elle prolonge aussi une démarche que la CNIL avait engagée côté entreprise avec l'AFCDP : un kit de sensibilisation que les DPO peuvent déployer auprès des parents-salariés, présenté en webinaire le 10 mars 2026.

Ce que ça change pour les organisations

Privacy for Kids ne crée aucune obligation nouvelle. Elle donne en revanche des supports validés par des autorités, ce qui change la façon de les utiliser en interne.

  • Programme de sensibilisation : intégrer une séquence « parentalité numérique » au plan annuel, en s'appuyant sur des ressources publiques et gratuites plutôt que sur des contenus faits maison.
  • Services utilisés par des mineurs : vérifier si l'organisation propose un produit accessible aux moins de 15 ans (compte jeune, application, espace famille). Si oui, contrôler la base légale retenue au regard de l'article 8 et la lisibilité de la mention d'information au regard de l'article 12.
  • Analyse d'impact : les lignes directrices sur l'AIPD (WP248), reprises par le CEPD, comptent les personnes vulnérables, dont les enfants, parmi les critères qui conduisent à en mener une. Documenter le choix, dans un sens comme dans l'autre.
  • Équipes produit : partager les ressources de la plateforme comme référence de ton et de format pour toute information destinée à un jeune public.

Ce que Leto en pense

L'initiative est modeste sur le plan juridique et utile sur le plan opérationnel. Un DPO d'ETI manque rarement de règles et souvent de supports : disposer d'un catalogue européen trié par âge et par thème fait gagner des heures de préparation, et donne une caution d'autorité aux séquences de sensibilisation. La vraie question reste celle de la preuve : qui a suivi quoi, et quand. Pour structurer ce suivi aux côtés du registre et des AIPD, l'équipe Leto vous fait une démo.

Sources

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