Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) est entré en vigueur le 25 mai 2018, révolutionnant le paysage de la protection des données personnelles en Europe. En conséquence, toutes les entreprises qui opèrent au sein de l'UE ou qui traitent des données de citoyens européens doivent s'assurer de respecter ces nouvelles directives.
L'une des étapes cruciales pour atteindre cette conformité est la mise en place des mentions légales RGPD sur votre site internet. En effet, en vertu du règlement européen, les organismes doivent prévoir des mentions légales ayant pour objectif d'informer un utilisateur ou un client du traitement de ses données personnelles. Ainsi, dès lors que votre entreprise collecte des données personnelles, vous devez les informer via la création de mentions légales (Article 13 du RGPD)
Dans cet article, nous aborderons :
✅ Quelles sont les mentions légales RGPD ?
✅ Comment rédiger les mentions légales ?
✅ Des exemples de rédactions de mentions légales conformes au RGPD 🎁
Mentions légales conformes au RGPD : êtes-vous concernés ?
Le champ d'application du RGPD est déterminé par les articles 2 RGPD et article 3 RGPD.
Le RGPD s'applique à toutes les activités professionnelles exercées dans l'Union européenne et/ou concernant les données personnelles de résidents européens (même si votre entreprise est immatriculée à l'étrange). Les traitements de données personnelles opérés dans le cadre d'une activité "strictement personnelle ou domestique" ne sont pas concernés.
Le RGPD s'applique :
- À tout type de structure et de secteur d'activité : organismes privés, établissements publics, fondations, associations, ONG, entreprises ;
- Dans l'UE : le RGPD s'applique aux organismes immatriculés dans l'Union européenne ;
- En dehors de l'UE mais avec des activités sur le territoire d'un pays de l'Union européenne ou concernant des données de résident européen ;
- Au responsable de traitement (pour son propre compte) ainsi qu'aux sous-traitants (pour le compte des clients) ;
- Dès lors qu'il s'agit de traitement de données personnelles : l'article 4 du RGPD donne une définition large de la donnée à caractère personnel puisqu'il s'agit de toutes information directe ou indirecte permettant d'identifier une personne physique, même indirectement.
Vous l'aurez compris, presque tous les organismes traitent des données personnelles et sont donc soumis au Règlement européen sur la protection des données personnelles.
Qu'est-ce que des mentions légales RGPD ?
L'article 13 du RGPD impose de fournir des informations aux personnes concernées lorsque des données personnelles sont collectées. C'est un pilier du RGPD : donner des droits aux personnes. L'un de ces droits est l'information claire, transparente et accessible sur la manière dont sont gérés les données personnelles par les organismes.
Dès lors que vous traitez des données personnelles, vous êtes tenus de délivrer à vos utilisateurs des informations sur le sujet qui soient :
- claires et explicites;
- aisément accessibles;
- formulées de manière simple et intelligible.
Ces informations obligatoires sont à communiquer à la personne concernée au moment de la collecte de ses données personnelles. Il s'agit de "mentions obligatoires" que la collecte de données se fasse directement auprès de la personne concernée (responsable de traitement), ou indirectement via l'un de vos partenaires (sous-traitant).
Les mentions légales sont de deux ordres :
- les mentions génériques : les mentions génériques concernent les droits des personnes concernées et peuvent être rédigées de manière standard ;
- les mentions spécifiques à votre traitement de données : les autres mentions légales concernent votre activité et doivent être rédigées "sur-mesure".
En pratique, ces informations correspondent peu ou prou à celles enregistrées dans votre registre de traitement des données.
Comment rédiger vos mentions légales conformément au RGPD ?
Avant toute chose, les mentions légales peuvent prendre plusieurs formes : sur votre site internet, par exemple votre Politique de Confidentialité est le meilleure endroit. Vous pouvez également exposer ces mentions lors d'un opt-in ou d'un opt-out (cache à cocher pour donner son consentement) ou directement faire un renvoie vers votre Politique de Confidentialité. Si votre traitement repose sur le consentement comme base légale, notre guide sur le recueil du consentement dans les formulaires RGPD vous détaille les conditions de validité.
Il est encore possible de mentionner ces informations lors de l'acceptation des Cookies 🍪 ! Ces obligations valent également pour la collecte de données via questionnaires ou formulaires en ligne.
1- Identifier la finalité et base légale du traitement
- La finalité du traitement de données : il s'agit des raisons pour lesquelles vous collectez les données. L'objectif de la collecte peut être de nature commerciale, marketing, RH, etc. A vous de le préciser (article 5 RGPD).
- La base juridique du traitement des données : le traitement des données est autorisé si celui-ci repose sur une base légale, il s'agit de préciser laquelle. Cette base légale peut être notamment le consentement de la personne concernée, l'exécution d'un contrat ou encore l'intérêt légitime. Il existe 6 bases légales listées à l'article 6 du RGPD.
Informer les personnes concernées des finalités et des bases légales de votre traitement est une étape primordiale. Les mentions légales doivent être exhaustives. En effet, si vous oubliez un traitement, techniquement, vous n'êtes pas autorisés à le réaliser.
2- Identifier les destinataires du traitement
Identifier le ou les destinataire des données revient à établir la liste des personnes à qui les données seront communiquées ou qui pourront y avoir accès dans le cadre de leur travail. Il s'agit de l'ensemble des personnes de l'entreprise mais aussi ses sous-traitants.
3- Déterminer la durée de conservation des données
Les données personnelles ne peuvent être conservées indéfiniment : une durée de conservation doit être déterminée par le responsable de traitement en fonction de la finalité de la collecte des données. durée de conservation
🔍Exemple : Les données des candidats à un emploi n'ayant pas été retenus sont conservées 2 ans au maximum avant d'être effacées. Au moment où le service RH collecte un CV, par exemple, il doit informer le candidat que celui-ci sera conservé 2 ans.
Les mentions légales doivent indiquer la :
- durée de conservation des données personnelles,
- ou, à défaut, les critères permettant de la déterminer.
4- Préciser le caractère facultatif ou obligatoire de la collecte des données
A cette étape vous devez indiquer à votre utilisateur si la fourniture de données est facultative ou obligatoire.
Si la fourniture de données est obligatoire, informez les personnes concernées des conséquences qu'il y aurait à refuser de fournir les données en question.
🔍 Exemple : Pour livrer une commande, l'entreprise a besoin de l'identité et de l'adresse du client. La fourniture de ces informations est obligatoire. En cas de refus, l'entreprise n'est pas en mesure de livrer la commande.
5- Mentionner les coordonnées des personnes responsables
Les mentions légales doivent obligatoirement indiquer :
- L'identité et les coordonnées du responsable de traitement des données ;
- L'identité et les coordonnées de votre Délégué à la protection des données (DPO) si vous en avez un.
6- Mentionner les droits des personnes concernées au titre du RGPD
La mention aux droits RGPD ne dépend pas de vos traitements de données, il s'agit de mentions génériques.
Vous devez simplement informer les personnes concernées :
- de leurs droits RGPD,
- et de la manière dont ils peuvent exercer leurs droits RGPD auprès de votre organisme.
Les personnes concernées doivent pouvoir demander, à tout instant, à faire valoir leurs droits sur leurs données, comme :
- y accéder : droit d'accès article 15 RGPD),
- les modifier : droit rectification (article 16 RGPD),
- les effacer : droit à l'effacement article 17 RGPD),
- ou encore s'opposer à leur traitement : droit d'opposition au traitement (article 21 RGPD).
Les droits de la personne concernée sont listés dans les articles 15 à 22 du RGPD.
En outre, vous devez indiquer aux personnes concernées qu'elles peuvent déposer une réclamation auprès de la Cnil :
- Lorsqu'elles ne parviennent pas à exercer leurs droits ;
- Pour signaler une atteinte aux règles de protection des données personnelles.
💡 Certaines informations complémentaires peuvent être à intégrer dans les mentions légales. Vous devez notamment indiquer dans vos mentions légales :
- le profilage de données personnelles,
- le transfert de données collectées en dehors de l'UE.
- Vos mentions légales doivent être rédigées en respectant le principe de transparence. Chaque message RGPD doit délivrer des informations concises, compréhensibles et accessibles.
Exemples de rédaction de mentions légales RGPD
Pour vous aider à mettre ces recommandations en pratique, voici trois exemples de rédaction de mentions légales qui peuvent vous être utiles.
Exemple 1 : formulaire de collecte de données à caractère personnel
Il s'agit d'un modèle de phrase RGPD à faire apparaître sur un formulaire de collecte de données, à adapter selon votre cas :
" Les informations recueillies font l'objet d'un traitement informatisé par (identité et coordonnées du responsable de traitement/ DPO ) pour (lister les finalités du traitement).
La base légale du traitement est (base légale du traitement : généralement le contrat ou le consentement).
Les destinataires des données collectées sont les suivants : (destinataires des données).
Les informations portées sur ce formulaire sont (obligatoires - facultatives)
Les données sont conservées pendant (durée de conservation des données ou critères permettant de la déterminer).
Vous bénéficiez de droits concernant vos données personnelles : accéder aux données vous concernant, les rectifier, demander leur effacement ou exercer votre droit à la limitation du traitement de vos données, retirer à tout moment votre consentement au traitement de vos données, vous opposer au traitement de vos données, exercer votre droit à la portabilité de vos données.
Pour exercer ces droits ou pour toute question sur le traitement de vos données dans ce dispositif, vous pouvez contacter : (contact de la personne traitant les demandes d'exercice des droits ou formulaire adhoc)
Si vous estimez, après réclamation auprès de nos services, que vos droits ne sont pas respectés, vous pouvez adresser une réclamation à la CNIL sur leur site web ou par voie postale."
Exemple 2 : mise en place d'un système d'accès par badge
Les salariés doivent être informés de la mise en place d'un accès par badge, par exemple via un courriel ou un document remis lors de l'embauche. Cette information peut également figurer dans le règlement intérieur de l'établissement.
Voici un modèle de phrase RGPD pour la mise en place d'un système de badgeage, à adapter selon votre cas :
"Les informations recueillies via votre badge font l'objet d'un traitement informatisé par (identité et coordonnées du responsable de traitement/ DPO).
La société a mis en place un système d'accès par badge afin de (finalités du traitement).
La base légale du traitement est (base légale - généralement l'intérêt légitime).
Les données enregistrées sur les salariés de la société sont les suivantes : (données collectées via le système de badge).
Les personnes destinataires des données dont les suivantes : (destinataires des données).
La durée de conservation des données est de (durée de conservation des données ou critères permettant de la déterminer).
Vous bénéficiez de droits concernant vos données personnelles : accéder aux données vous concernant, les rectifier, demander leur effacement ou exercer votre droit à la limitation du traitement de vos données, vous opposer au traitement de vos données, exercer votre droit à la portabilité de vos données.
Pour exercer ces droits ou pour toute question sur le traitement de vos données dans ce dispositif, vous pouvez contacter : (contact de la personne traitant les demandes d'exercice des droits ou formulaire adhoc)
Si vous estimez, après réclamation auprès de nos services, que vos droits ne sont pas respectés, vous pouvez adresser une réclamation en ligne à la CNIL sur leur site web ou par voie postale".
Exemple 3 : mentions d'information pour un SaaS B2B
Pour un éditeur de logiciel en mode SaaS qui traite les données des utilisateurs de ses clients, l'information doit distinguer clairement le rôle de responsable de traitement (pour ses propres données de prospection et de gestion des comptes) de celui de sous-traitant (pour les données saisies par le client dans l'outil). Voici un modèle de mention d'information à adapter :
"Les données que vous saisissez dans (nom du logiciel) sont traitées par (raison sociale), en qualité de sous-traitant, pour le compte de votre organisation (responsable de traitement), aux seules fins de fourniture du service souscrit.
Les données de votre compte et de facturation sont par ailleurs traitées par (raison sociale) en qualité de responsable de traitement, sur la base de l'exécution du contrat, pour la gestion de la relation commerciale.
Les destinataires sont les équipes habilitées de (raison sociale) et ses sous-traitants techniques (hébergement, support), listés dans notre politique de confidentialité.
Les données sont conservées pour la durée du contrat, puis archivées selon les durées légales applicables.
Vous disposez de droits d'accès, de rectification, d'effacement, de limitation, d'opposition et de portabilité, que vous pouvez exercer auprès de (contact du DPO ou adresse dédiée).
Si vous estimez que vos droits ne sont pas respectés, vous pouvez introduire une réclamation auprès de la CNIL."
- Retrouvez d'autres exemples de rédaction de mentions légales adaptés à différents contextes sur le site de la CNIL.
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Que risque une entreprise sans mentions légales RGPD conformes ?
L'absence ou l'insuffisance d'information des personnes concernées est un manquement au RGPD à part entière, distinct du fond du traitement. L'article 13 impose une information au moment de la collecte directe des données ; l'article 14 vise les données collectées indirectement. Un défaut d'information peut être relevé lors d'un contrôle de la CNIL, sur plainte d'un utilisateur, ou à l'occasion d'une violation de données.
Les manquements à l'obligation de transparence et d'information relèvent du plafond le plus élevé prévu par l'article 83 du RGPD : jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu. La CNIL applique effectivement ce cadre : dans sa délibération SAN-2019-001 du 21 janvier 2019, elle a sanctionné Google à hauteur de 50 millions d'euros, notamment pour un manquement aux obligations de transparence et d'information des articles 12 et 13, l'information étant jugée dispersée et difficilement accessible.
Au-delà de la sanction financière, une information défaillante fragilise la base légale du traitement : un consentement recueilli sans information claire n'est pas valablement recueilli. Documenter ses mentions d'information dans le registre des traitements et les tenir à jour reste la meilleure protection en cas de contrôle.
Questions fréquemment posées
Quelles sont les mentions légales obligatoires au regard du RGPD ?
Le RGPD exige que les mentions légales précisent : l'identité et les coordonnées du responsable de traitement, les finalités et bases légales des traitements, les durées de conservation, les droits des utilisateurs (accès, rectification, effacement, portabilité, opposition, limitation), les coordonnées du DPO si applicable, et les informations sur les transferts de données hors UE.
Peut-on fusionner mentions légales et politique de confidentialité sur un site web ?
Ces deux documents ont des objets distincts : les mentions légales concernent l'éditeur du site (identité, hébergeur), tandis que la politique de confidentialité porte sur le traitement des données personnelles. Leur fusion est possible mais peut nuire à la lisibilité. La CNIL recommande un document de confidentialité clair et distinct, facilement identifiable par les utilisateurs.
Les mentions légales RGPD sont-elles obligatoires pour une micro-entreprise ?
Oui. Le RGPD s'applique à toutes les entreprises qui traitent des données personnelles de résidents européens, quelle que soit leur taille. Une micro-entreprise avec un site web collectant des adresses e-mail doit donc afficher une politique de confidentialité conforme. L'obligation d'information préalable (articles 13 et 14 RGPD) ne connaît pas de seuil minimal en matière d'effectifs.
À quelle fréquence faut-il mettre à jour ses mentions légales RGPD ?
Les mentions légales doivent être mises à jour à chaque changement significatif dans vos pratiques de traitement : ajout d'un nouveau traitement, changement d'hébergeur, nouveau sous-traitant, modification des durées de conservation, ou évolution de la réglementation. Il est recommandé de les réviser au minimum une fois par an et d'indiquer la date de dernière mise à jour.
Quelles informations sur le responsable de traitement doivent figurer dans les mentions légales ?
Les mentions doivent indiquer l'identité et les coordonnées du responsable de traitement (raison sociale, adresse, moyen de contact), et le cas échéant celles de son représentant dans l'Union européenne. Si l'organisation a désigné un délégué à la protection des données (DPO), ses coordonnées doivent également figurer, afin que les personnes concernées puissent le contacter pour exercer leurs droits (article 13 du RGPD).
Que risque une entreprise en l'absence de mentions légales conformes au RGPD ?
Un défaut d'information relève du plafond de sanction le plus élevé de l'article 83 du RGPD : jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial. La CNIL sanctionne effectivement ce manquement : dans sa délibération SAN-2019-001 du 21 janvier 2019, elle a condamné Google à 50 millions d'euros, notamment pour un manquement aux obligations de transparence et d'information.
Comment rédiger les mentions légales RGPD d'un site SaaS B2B ?
Un éditeur SaaS B2B doit distinguer les traitements pour lesquels il est responsable de traitement (comptes, facturation, prospection) de ceux pour lesquels il est sous-traitant (données saisies par ses clients). L'information précise, pour chaque cas, la finalité, la base légale, les destinataires, la durée de conservation et les modalités d'exercice des droits, avec un renvoi vers la politique de confidentialité.
Les mentions légales doivent-elles apparaître sur chaque formulaire de collecte ?
L'obligation d'information s'applique au moment de chaque collecte, mais il n'est pas nécessaire de recopier l'intégralité des mentions sous chaque formulaire. Une mention courte au point de collecte, renvoyant vers la politique de confidentialité complète, suffit, à condition que cette information soit réellement accessible avant la validation du formulaire (article 13 du RGPD).

