RGESN, GR491, Greenly, Resilio : panorama des outils du numérique responsable en 2026

28/6/26
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En 2026, le numérique responsable n'est plus une démarche RSE volontaire : c'est une obligation légale pour les grandes entreprises soumises à la CSRD et pour les collectivités tenues par la loi REEN depuis 2025. Mais quels outils et référentiels utiliser concrètement pour cartographier l'empreinte de son système d'information ? Silicon.fr a passé au crible les cinq solutions de référence du marché — et leur lecture oblige les DPO et RSSI à repositionner ce sujet.

Ce qui a changé : la contrainte réglementaire est arrivée

Jusqu'à récemment, mesurer l'empreinte environnementale de son SI restait un choix. La loi REEN (2021) a d'abord ciblé les collectivités de plus de 50 000 habitants, qui devaient adopter une stratégie numérique responsable au 1er janvier 2025. La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) a ensuite imposé aux grandes entreprises un reporting climatique complet, incluant les émissions de scope 3 du SI (serveurs, terminaux, réseau, logiciels) soumises à audit externe, selon les standards ESRS E1 (climat) et E5 (ressources).

Pour les DPO et RSSI, la convergence numérique responsable-RGPD est désormais incontournable : la chaîne de preuve du reporting CSRD suit la même logique d'accountability que le RGPD. Le choix de l'hébergeur cloud — documenté désormais sous l'angle de son empreinte carbone — relève aussi de l'article 28 RGPD sur la supervision des sous-traitants. Leto a analysé en détail pourquoi le SI est devenu une obligation de conformité environnementale.

Les référentiels officiels : RGESN et GR491

Côté référentiels, deux noms dominent le marché français. Le RGESN (Référentiel Général d'Écoconception de Services Numériques), publié en version finale en mai 2024 par la DINUM, l'ADEME et l'ARCEP, propose 78 critères répartis en 8 familles, couvrant le cycle de vie complet d'un service numérique. C'est la référence opérationnelle pour les équipes produit dans le cadre de la loi REEN — concis, orienté action, structuré en questions à se poser à chaque étape.

Le GR491, publié par l'Institut du Numérique Responsable (INR), dont le RGESN est issu, est plus exhaustif : 516 critères articulés autour de trois piliers (People, Planet, Prosperity). Il s'adresse aux organisations souhaitant aller au-delà de l'éco-conception pour piloter une démarche numérique responsable globale. C'est le corpus de fond pour les audits de conformité approfondis, prisé des ESN.

Les plateformes de mesure : Greenly, Resilio, NégaOctet

Sur le terrain, trois solutions se distinguent pour la mesure effective de l'empreinte :

Greenly est une plateforme de bilan carbone couvrant les scopes 1, 2 et 3. Elle cible les PME/ETI cherchant un accompagnement complet pour leur reporting CSRD. Son interface guide les équipes dans la collecte des données d'émission, y compris le scope 3 SI. Les organisations qui ne savent pas par où commencer leur bilan carbone d'entreprise dans le cadre CSRD trouvent là un point d'entrée structuré.

Resilio est spécialisée dans la mesure de l'empreinte spécifique du système d'information : serveurs, postes de travail, réseau, applications. C'est la solution privilégiée des organisations qui veulent isoler l'impact IT de l'empreinte globale — particulièrement utile quand le DSI doit produire des données pour un rapport CSRD auditable.

NégaOctet n'est pas un outil clé en main mais une base de données de facteurs d'impact environnemental, utilisée par les experts en ACV (Analyse du Cycle de Vie) numérique. Elle alimente les calculs des outils de mesure. Sans NégaOctet, pas de données fiables sur l'empreinte d'un terminal ou d'un serveur.

L'angle mort : la transparence des fournisseurs cloud

Le principal obstacle à une mesure fiable du scope 3 SI reste l'opacité des fournisseurs cloud. Comme Leto le documentait récemment, l'acte délégué européen sur l'efficacité énergétique des datacenters a été vidé de ses exigences de transparence sous pression des Big Tech : leurs données environnementales (PUE, émissions par workload) sont désormais protégées par le secret commercial. Résultat : mesurer le scope 3 SI de façon auditable reste impossible quand l'hébergeur refuse de communiquer ses métriques réelles.

Cette opacité crée un risque de reporting CSRD incomplet — et donc un risque lors de l'audit externe — que les DSI et DPO doivent anticiper dès la sélection du prestataire cloud et dans les clauses contractuelles. Le cadre du reporting extra-financier exige une chaîne de preuve complète : sans données hébergeur, cette chaîne est cassée.

Ce que Leto pense de ce panorama

Le marché des outils numérique responsable a atteint une certaine maturité. RGESN, GR491, Greenly, Resilio : les solutions existent et fonctionnent. Mais l'enjeu n'est pas technologique — c'est la gouvernance interne. Qui est responsable de la collecte des données d'empreinte SI ? Le DPO ou le DSI ? Comment articuler la cartographie des traitements RGPD avec la cartographie carbone du SI ? Qui signe le rapport CSRD devant l'auditeur ?

En 2026, ces questions ne peuvent plus rester sans réponse. La CSRD a une date limite, des auditeurs tiers, et des sanctions. Pour les organisations qui n'ont pas encore formé leurs équipes à ces enjeux, la formation à la directive CSRD est une priorité qui ne devrait pas attendre.

Sources : Silicon.fr — Les meilleurs outils et référentiels du numérique responsable en 2026

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