1 741 « partenaires » en un clic : noyb attaque dict.cc pour consentement RGPD bidon

30/7/26
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1 741 « partenaires » en un clic : noyb attaque dict.cc pour consentement RGPD bidon

noyb a déposé ce jeudi 30 juillet une plainte contre le dictionnaire en ligne dict.cc auprès de l'autorité autrichienne de protection des données. En cause : une bannière de consentement qui fait accepter en un seul clic le partage des données avec 1 741 entreprises « partenaires » publicitaires. Un chiffre qui, à lui seul, rend impossible tout consentement réellement « éclairé » au sens du RGPD.

Ce qui s'est passé

Sur dict.cc, un simple clic sur « Accepter » suffit à autoriser le suivi par 1 741 entreprises tierces. Pour noyb, lire l'ensemble de leurs politiques de confidentialité prendrait au moins 170 heures, soit plus d'une semaine de travail à temps plein, rien que pour comprendre à qui l'on confie ses données et à quelles fins elles serviront. L'organisation autrichienne, fondée par l'activiste Max Schrems, souligne que cette pratique n'a rien d'isolé : des sites comme repubblica.it, bergfex.de ou fifa.com reposeraient sur des logiques similaires de bannières à listes de partenaires démesurées.

noyb demande à la DPA autrichienne d'ordonner la suppression des données déjà collectées, d'imposer une amende dissuasive, et n'exclut pas une saisine du Comité européen de la protection des données (CEPD) compte tenu de la portée générale de l'affaire.

Pourquoi c'est important

Le RGPD ne se contente pas d'exiger un consentement : il exige un consentement libre, spécifique, éclairé et univoque, comme le précise l'article 7 du RGPD. Un bandeau qui agrège près de 2 000 destinataires derrière un bouton unique ne permet objectivement pas à l'utilisateur de savoir qui accède à ses données ni pourquoi — un point que nous détaillons dans notre guide sur l'importance du consentement explicite.

Cette plainte s'inscrit dans une séquence d'actions de noyb sur les bannières de cookies. En mai 2026, le CEPD a d'ailleurs interdit à une autorité de protection des données de rejeter une plainte cookies de noyb sans l'examiner sur le fond, renforçant la portée de ce type de recours collectif. Quelques mois plus tôt, la justice autrichienne avait déjà imposé au diffuseur public ORF une égalité visuelle stricte entre les boutons Accepter et Refuser. Le dossier dict.cc s'attaque cette fois à un autre angle mort des CMP : le nombre de destinataires, et non plus seulement l'ergonomie du bandeau.

Ce que ça change pour les organisations

Le signal envoyé aux DPO et responsables marketing est clair : la taille de la liste de partenaires publicitaires déclarés dans une CMP (souvent héritée d'une configuration par défaut du framework IAB TCF) doit être auditée comme n'importe quel autre risque de conformité. Quelques réflexes concrets :

Vérifier que chaque partenaire listé dans la CMP correspond à un besoin réel et documenté, et purger les intégrations publicitaires obsolètes ou jamais activées. Notre guide sur le choix d'un outil de gestion des cookies (CMP) détaille les critères à vérifier avant de déployer ou reconfigurer un bandeau.

S'assurer que le refus est aussi simple que l'acceptation, et que l'utilisateur peut consentir partenaire par partenaire plutôt que d'un bloc. Documenter, enfin, la preuve du consentement et sa révocation : un chiffre à trois zéros de « partenaires » sans granularité réelle est aujourd'hui un signal d'alerte que les autorités savent identifier, comme le montrent aussi les 23 sanctions prononcées par la CNIL en six mois pour des bandeaux de cookies non conformes.

Ce que Leto pense de cette décision

Ce dossier illustre une dérive structurelle de l'écosystème adtech plus qu'un simple manquement isolé de dict.cc : empiler des centaines de partenaires derrière un bouton unique est devenu une pratique par défaut, pas une exception. Pour nous, le nombre de destinataires déclarés dans une CMP devrait être traité comme un indicateur de conformité à part entière, au même titre que le taux de refus ou la durée de conservation des cookies. Les organisations qui attendent une sanction individuelle pour réagir prennent un risque inutile : l'articulation entre cette plainte, la jurisprudence ORF et la position du CEPD sur les recours de noyb dessine une trajectoire d'harmonisation européenne que les autorités nationales, y compris la CNIL, suivront probablement dans les mois qui viennent.

Sources : noyb — 1 741 consentements « éclairés » en un seul clic ?! Une plainte au titre du RGPD a été déposée contre dict.cc

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